Les pratiques environnementales à l'épreuve de la ségrégation urbaine

Date : 
Mercredi 25 Mars 2020 - 10:00 à 17:00
Lieu : 
MSH Lyon St-étienne, 14 av. Berthelot, Lyon 7e (salle André Frossard)

Journée d'étude organisée par la MSH Lyon St-Etienne, dans le cadre de son axe Environnement urbain

Cette journée a pour objectif de s’interroger sur les interactions entre localisation résidentielle et enjeux environnementaux comme : la gestion des déchets, la végétalisation des espaces publics, les mobilités douces, l’exposition aux risques environnementaux, la pollution de l’air, les nuisances sonores, etc.. Ces interactions renforcent-elles ou atténuent-elles les inégalités sociales et spatiales ? Quelles politiques et actions collectives sont mises en œuvre pour les atténuer, avec quels résultats, quelles difficultés ?

 

Programme

Matinée (10h-12h)

Visite commentée du quartier de Bron Terraillon sous l’angle des actions et pratiques environnementales avec Marianne Le Floch (Directrice de Projet, ORU de Bron Terraillon) et Aline Morand (Ville de Bron).

12h30-13h30 : Déjeuner sur place (prière de s’inscrire)

 

Après-midi (14h-17h)

Discussions à la MSH de Lyon (salle André Frossard) autour de 2 communications

Les politiques environnementales locales : comment l’impensé du social peut renforcer les inégalités sociales et spatiales - Julie Gobert (ENPC, LEESU)
Les recherches mêlant les questions urbaines, environnementales et leurs incidences sociales prennent de plus en plus d’ampleur en géographie et en urbanisme et réinterrogent ainsi la manière de penser les politiques environnementales. Le travail sur les inégalités environnementales participe de cette mise en lumière, dans la mesure où elles traitent notamment des effets différenciés des politiques environnementales en fonction des populations à qui elles s’adressent et s’imposent.
La recherche du bien commun peut se faire en défaveur de certaines populations, au regard du principe même des politiques publiques dans la mesure où selon une hypothèse d’intervention, ces dernières peuvent viser à modifier, limiter ou interdire un comportement (1). Toutefois quand elles impactent avant tout les populations défavorisées, elles posent un réel problème d’équité qui doit être appréhendé et traité, appelant des évaluations ex ante et ex post des politiques environnementales et la mise en place de mécanismes de remédiation permettant de restaurer un équilibre entre les publics cibles.
A l’aune de deux études de cas, menées sur des territoires et des objets différents (les Zones d’action prioritaires sur l’air, 2012, les réseaux territoriaux de réparation, 2018-2019), il s’agit de montrer comment les politiques environnementales menées par les collectivités territoriales peuvent méconnaitre la réalité spatiale et sociale de leur territoire et, de ce fait, renforcer les inégalités socio-spatiales. Plus encore l’ignorance des pratiques des habitants dans les milieux urbains ou ruraux peut renforcer fortement les inégalités sociales dans l’accès au service public, au droit à un environnement sain et au droit à la ville. Ainsi, les mesures de restriction de la circulation afin d’améliorer la santé globale d’une population peut porter atteinte à la mobilité de certains segments de la population et donc nuire à son « droit à la ville » si des mesures compensatrices ne sont pas prises (2). De même, des politiques innovantes de prévention des déchets favorisant l’économie circulaire peuvent s’avérer contre-productives si elles sont pensées ponctuellement et indépendamment de la manière dont les habitants se déplacent et utilisent les tiers lieux que sont les recycleries/ressourceries. L’embarquement de sociologues, d’urbanistes ou de géographes peut permettre de détecter ces problèmes et de faire évoluer les dispositifs d’action de la puissance publique à l’échelle locale.

Les inégalités environnementales dans un contexte de ségrégation urbaine : mesure et cartographie des points chauds - Yves Schaeffer (INRAE, UR LESSEM)
Des inégalités d'accès aux aménités environnementales et d'exposition aux risques environnementaux ont été documentées dans de nombreuses villes du monde, le plus souvent en relation avec la ségrégation urbaine de minorités et de groupes sociaux défavorisés. Pour autant, les méthodes usuelles de mesure des inégalités environnementales sont discutables et ont été développées en parallèle aux travaux relatifs à la mesure de la ségrégation. Nous avons proposé récemment [Schaeffer et Tivadar, 2019] deux indices fondés sur la ségrégation – l'indice d'écart de dissimilitude environnementale (ΔEDK) et l'indice de centralisation environnementale (ECd) – ainsi qu’une méthode statistique pour tester leur significativité. De plus, pour aider les décideurs à mieux cibler les politiques locales, nous avons développé une approche originale pour identifier et cartographier les « points chauds » ayant la plus grande influence sur les inégalités environnementales.

 

Comité d'organisation

Lydia Coudroy de Lille (Univ. Lyon 2, EVS)
Florence Goffette-Nagot (CNRS, GATE)

Informations pratiques

Inscription gratuite mais obligatoire, avant le jeudi 19 mars 2020 >> formulaire en ligne
Contact : goffette-nagot (a) gate.cnrs.fr | lydia.coudroydelille (a) univ-lyon2.fr

 

(1) Hassenteufel Patrick, Sociologie politique : l’action publique (2ième éd.), Paris, Armand Collin, 2011, 320 p.
(2) Gobert Julie, « Mobilité et lutte contre la pollution atmosphérique - La difficile conciliation des exigences environnementales et d’équité sociale dans l’instauration d’une zone à basse émission », Cahiers de Géographie du Québec, vol. 57, n°161, 2013, p. 277-298

 

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